Le défi d'informer les jeunes

Qui informe les jeunes au Québec ?

Lorsqu’il est question d’interpeller les jeunes adultes, il est facile de réduire la conversation à une simple question de plateformes. Pourtant, TikTok, Instagram ou YouTube ne sont que des canaux. Ce qui importe réellement, ce sont les acteurs qui y façonnent l’information.

Aujourd’hui, l’écosystème informationnel des jeunes Québécois repose principalement sur trois types de joueurs qui coexistent et se complètent.

Les médias traditionnels adaptent leurs codes

Certains médias ont développé des formats spécifiquement conçus pour les usages numériques des jeunes. C’est notamment le cas de :

  • RAD, qui présente une offre numérique pensée pour rejoindre un public plus jeune avec un ton direct et des formats adaptés aux plateformes;
  • MAJ, qui est axé sur la synthèse et la mise en contexte pour comprendre rapidement ce qui se passe et pourquoi c’est important;
  • URBANIA, qui aborde des enjeux de société à travers des angles culturels et humains, souvent narratifs, ce qui facilite l’adhésion d’un public jeune adulte.

Ces plateformes conservent une approche éditoriale structurée, mais privilégient des formats plus courts, des angles plus incarnés et une diffusion adaptée aux habitudes de consommation actuelles.

Leur rôle demeure essentiel lorsqu’il s’agit d’apporter contexte, validation et crédibilité à des enjeux d’intérêt public.

Les info-fluenceurs qui vulgarisent les enjeux complexes

Une part importante de la découverte de l’information passe désormais par des créateurs de contenu qui traduisent l’actualité et les enjeux de société dans les codes des médias sociaux.

Au Québec, quelques personnalités se démarquent en ce moment et certaines commencent à s’imposer comme références incontournables, même auprès des décideurs qui prennent désormais le temps de se prêter au jeu des info-influenceurs ! Voici ceux qui nous apparaissent comme les plus actifs au Québec en 2026 :

  • Alexplique, avec une approche explicative et structurée, centrée sur la vulgarisation et la compréhension.
  • HugoDécrypte, axé sur la synthèse de l’actualité et la contextualisation dans des codes adaptés aux jeunes.
  • Lambert Drainville, davantage orienté vers la politique dans un format décontracté, au contact des acteurs du moment.

Leur force réside moins dans la diffusion d’information brute que dans leur capacité à rendre compréhensibles des sujets parfois complexes. Ce que l’on retient toutefois : sans média traditionnel et leurs journalistes, les créateurs de contenu ne pourraient exister.

Les comptes spécialisés qui adaptent les formats

Un troisième groupe gagne en importance : les comptes consacrés à la synthèse et à la contextualisation de l’information.

Pensons notamment à Dix4 info, Period., ou bien Konbini, qui misent sur des formats visuels courts, partageables et facilement mémorisables. À cela s’ajoutent une multitude de comptes spécialisés consacrés à des thèmes précis comme le climat, les finances personnelles, la santé ou la politique.

Ces plateformes jouent souvent un rôle de relais entre l’actualité et les conversations du quotidien.

La clé? Toutes ces réponses

La réalité est que les jeunes ne s’informent plus auprès d’une seule source. Ils naviguent entre médias, créateurs et plateformes spécialisées selon leurs intérêts, leurs habitudes et le niveau d’approfondissement recherché.

Pour les communicateurs, le défi n’est donc plus seulement d’être présent sur les bonnes plateformes, mais de comprendre quels intermédiaires influencent réellement la compréhension, la crédibilité et l’engagement de leurs publics.

C’est désormais dans cet écosystème hybride que se joue une grande partie de la circulation de l’information auprès des jeunes Québécois.