Le défi d'informer les jeunes

Quelques réflexes à adopter

On entend souvent qu’il faut « être sur TikTok », « faire plus de vidéo » ou « parler comme les jeunes » pour réussir à les rejoindre. En réalité, la question est plus simple… et plus exigeante : est-ce que le contenu qu’on leur propose mérite vraiment leur attention?

Le rapport NextGen 2025 de Léger dresse un portrait très clair des générations Z et Alpha : elles sont hyperconnectées, lucides, exigeantes, mais aussi profondément fatiguées du bruit numérique. Les jeunes utilisent en moyenne 7,4 réseaux sociaux, avec une forte présence sur YouTube (82 %), Instagram (80 %), Facebook (68 %) et TikTok (58 %). Pourtant, cette omniprésence ne rime pas avec enthousiasme : 75 % des Gen Z disent passer trop de temps sur leur téléphone, 80 % aimeraient reconnecter davantage avec le monde réel et 71 % voudraient moins utiliser leur appareil, sans y arriver.

Ce que ça veut dire pour les marques et les organisations

Premier constat : les jeunes ne veulent pas seulement être divertis. Ils veulent qu’on respecte leur temps. En information comme en sensibilisation, cela veut dire des contenus clairs, utiles, incarnés et crédibles. Des contenus qui les aident à comprendre un enjeu, à se situer ou à agir — pas seulement à consommer une publication de plus dans un fil déjà saturé. Le rapport montre aussi que ces générations sont très sensibles aux représentations irréalistes en ligne, qu’il s’agisse de réussite, de finances, d’apparence ou de relations.

Deuxième constat : l’influence existe, mais elle n’a pas toujours la forme qu’on imagine. Les recommandations des amis et de la famille influencent 62 % des jeunes, et celles d’autres consommateurs 61 %. En comparaison, les recommandations des créateurs de contenu ne pèsent que 33 %, et celles des célébrités 20 %. Autrement dit, pour sensibiliser efficacement, mieux vaut miser sur des voix crédibles, proches et humaines que sur du vernis.

Quelques réflexes à adopter en 2026

Pour rejoindre les jeunes, il faut donc :

  • choisir les plateformes en fonction des usages réels, pas des modes;
  • aller droit au but dans les premières secondes;
  • privilégier des formats courts, pédagogiques et incarnés;
  • faire place à des témoignages, à des experts capables de vulgariser et à des messages concrets;
  • parler avec eux, pas sur eux.

En somme, les contenus qui fonctionneront en 2026 ne seront pas nécessairement les plus tape-à-l’œil. Ce seront ceux qui réussiront quelque chose de beaucoup plus rare : créer de la valeur, de la clarté et de la confiance dans un environnement où les jeunes en manquent de plus en plus.