Élections municipales : quels défis attendent les municipalités?

Quels pouvoirs possèdent les municipalités en matière de logement?  

Par Marie-Rose Desautels

En inspectant le marché immobilier québécois, on y décèle d’importants problèmes de structure : loyers ou hypothèques hors de prix, immeubles insalubres, rareté de logements abordables, interdiction des animaux de compagnie sur le bail… les aspirations immobilières de plusieurs se frappent de plein fouet aux répercussions de la crise du logement. D’ailleurs, Léger constate dans son plus récent Indicateur municipal 2025 – La référence en mesure de satisfaction citoyenne, que l’abordabilité du logement est le nouvel enjeu prioritaire (52%) pour les citoyens dans leur municipalité. 

La bonne nouvelle, c’est que face aux défis, de nombreux acteurs du milieu, dont les municipalités elles-mêmes, peuvent avoir un impact concret sur le logement abordable.  

Selon l’Alliance des corporations d’habitations abordables du territoire du Québec (ACHAT), elles peuvent, par exemple, soutenir les offices municipaux d’habitation et autres sociétés parapubliques, investir dans des programmes de subventions, offrir du zonage incitatif ou encore modifier la taxation pour favoriser des projets à but non lucratif.  

Également, selon l’indicateur municipal 2025, près de 4 citoyens sur 5 (79 %) pensent que les municipalités devraient investir davantage dans la construction de nouveaux logements. Pour soutenir la création de l’offre et encourager les promoteurs, les municipalités ont entre autres le pouvoir de réduire la charge administrative ou encore de réduire les délais d’octroi de permis de construction résidentielle, comme le suggère l’Institut de développement urbain du Québec

Toutefois, bien que les villes et villages soient à l’écoute de leur population et de leurs besoins, il n’en reste pas moins que la gestion et le contrôle du développement immobilier n’incombent pas seulement aux mairies.  

L’écosystème actuel est complexe et des dizaines d’acteurs s’y enchevêtrent, mais ne s’entendent pas sur les mêmes priorités : promoteurs immobiliers, architectes, OBNL, offices ou coopératives d’habitation, acteurs en construction, trois paliers de gouvernement, propriétaires, etc. Le développement doit aussi faire partie d’une réflexion plus large pour sauvegarder les milieux humides, éviter l’étalement urbain, s’assurer de construire des habitations, mais également des ressources, des parcs et des commerces de proximité.  

Quelques solutions durables comme engagement électoral  

À l’heure où 69 % des Québécois trouvent inabordable d’acheter une propriété, tandis que 66 % trouvent inabordable de louer un appartement, il apparait crucial que les acteurs du milieu de l’habitation trouvent une manière de travailler de concert.  

Ainsi, il est clair que ces gouvernements de proximité qui sont au cœur de la vie de leurs citoyens détiennent plusieurs pouvoirs à leur portée pour améliorer les choses. Il est fort possible que les candidats qui proposeront des solutions concrètes dans leurs engagements électoraux trouveront davantage écho auprès des électeurs en novembre. C’est à suivre!  

Pour consulter le dossier Habitation à but non lucratif : Architecture d’un nouveau modèle québécois, cliquez ici.