Par Sandrine Gagné
Qui dit changements climatiques dit inévitablement phénomènes météorologiques extrêmes et plus fréquents. Après avoir vécu un énième été où températures caniculaires, pluies diluviennes et feux de forêt se sont succédé, les municipalités n’ont d’autres choix que de mettre la résilience de leurs infrastructures au haut de la liste de leurs priorités.
En effet, elles jouent un rôle clé dans l’adaptation climatique et disposent de plusieurs leviers pour agir. Leur rôle de gouvernement de proximité leur permet d’être au fait des besoins réels de leur territoire et de leur population. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs déjà commencé à miser sur des solutions concrètes pour s’adapter à cette réalité.
Par exemple, nombreuses sont les villes à mettre sur pied des projets d’infrastructures vertes pour réduire les risques d’inondation. À Montréal, les parcs éponges et trottoirs éponges poussent à vitesse grand V afin d’assurer une meilleure absorption des eaux de pluie.
La planification urbaine est également un secteur où agissent les municipalités. En planifiant des espaces verts en milieu urbain, on agit directement sur les effets néfastes des ilots de chaleur.
Finalement, encourager la conception et la construction de bâtiments publics, comme des arénas et des bibliothèques, plus durables est une solution à long terme mise en œuvre par les municipalités, les plus petites comme les plus grandes, pour assurer une meilleure résilience.
Un défi communicationnel important
Bien qu’elles aient le pouvoir d’agir, les municipalités font face à de nombreux défis, notamment parce qu’elles disposent de budgets et de champs d’action qui demeurent tout de même limités.
Mais peut-être que leur plus grand défi réside dans la communication avec les citoyens, qui ont pour la plupart une méconnaissance des défis municipaux et des solutions accessibles aux conséquences des changements climatiques. Ainsi, les prochaines années seront le théâtre de plusieurs enjeux d’affaires publiques dans les villes et villages du Québec. Il faudra s’attendre à ce que les pistes de solutions et les prises de parole des citoyens ne correspondent pas nécessairement aux actions que les élus devront mettre en œuvre. Il faudra alors élaborer les meilleures stratégies pour communiquer avec eux, individuellement ou en groupes, par des campagnes innovantes sur les plateformes sociales, des consultations publiques pour ouvrir/maintenir le dialogue et une présence importante dans les médias traditionnels et sociaux.
L’enjeu de l’environnement, sans être la question de l’urne au niveau municipal, est important pour les électeurs. Selon le plus récent Baromètre de l’action climatique, la majorité des Québécois et Québécoises (67 %) considèrent que les municipalités doivent agir davantage pour le climat. Il sera donc très intéressant de voir la place que la question climatique occupera dans les campagnes municipales cet automne. Nous resterons à l’affût!

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